La vie comme elle va (Docu)

Publié le par Médiathèque Croix du Bac

" Vous avez aimé « Yvette bon dieu » ? Alors vous aimerez sûrement « La vie comme elle va »."

 

La-vie-comme-elle-va

 

Film documentaire réalisé par Jean-Henri Meunier (2003)


Synopsis : Un chef de gare surréaliste, un poète de la mécanique, un retraité "à la coule", une centenaire à l'humeur chantante, un paysan voyageur, un gyrocoptère qui fait du sur-place, un coq qui passe à la casserole... La Vie comme elle va prend les choses comme elles viennent et les gens comme ils sont.


Loin du cynisme de la ville, le film révèle la réalité décalée d'un petit village de la campagne aveyronnaise : un bouquet champêtre d'humanité dont les héros sont reliés par un même désir, celui de vivre à Najac, proches de la nature, et y vivre bien, libres.

 

 

 

" Ici y 'a de tout, sauf le pognon..." 

 

Ce film, c’est comme voyager dans la peau d’un papillon qui délicatement se pose sur chaque entité humaine que compose le village de Najac, en Aveyron.

Aidé par une réalisation et un montage tout en finesse, ce film, drôle et touchant, nous rappelle indirectement ce qu’on a délaissé et oublié au profit du progrès et de la marchandisation des âmes. On a oublié, sur le bord du chemin, tous ces personnages authentiques, uniques, rempli de vécus, de souvenirs, de générosité, de folie saine, et qui pour la plupart, n’ont pas voulu, n’ont pas pu, suivre le temps épileptique de notre monde moderne.

 

Eux, ils ont suspendu le temps, comme ils le faisaient avant, comme on devrait le faire maintenant, entourés par la verte nature, la terre d’où l’on vient, le simple plaisir de vivre, conscient qu’il en va de leurs bien être. Cela n’empêche pas, qu’ils souffrent de la solitude, comme tout le monde, la solitude de finir sa vie… seul… d’ailleurs, dans ce film, ce qui m’a été très frappant, c’est cette lourde fatalité qu’ils ont de savoir, pour la plupart, qu’ils finiront …seul…

Comme le poète mécano, qui accepte tant bien que mal sa solitude, et sa femme disparue, se jettant par le travail quotidien et physique dans une multitude de projets déjantés qu’il se dessine et fabrique, malgré pourtant, son âge vieillissant, il ne perd pas la force ni la volonté d'accomplir jusqu'au bout toutes ses idées farfelues, et tout ça, en fin de compte, ça le rend poéte ... ouais

L’autre que j’appellerai, le grand bourru, qui drague toutes les femmes qu’il croise sur sa route, du genre un peu lourd, qui râle tout le temps pour rien, qu'on pourrait le prendre pour un emmerdeur, bah nan, je trouve qu'il est totalement humain, il est même très drôle dans ses défauts, et puis il y a sa souffrance,  et son désespoir certain que d'être seul, il en va parfois jusqu'a trop boire sa tragédie.  

Y en a d'autres aussi, les clowns… tristes… et puis, et puis tout le reste des autres, chacun d'eux… touchant et tellement humain, des laissés-pour-compte, comme si, ce village, et toute la ruralité sûrement aussi, avez été abandonné au fond d’un placard pour laissé la place à un monde moderne et inhumain… Moi, ça me fait pensé à un mec qui parle tout le temps, vous voyez ? celui qui s’impose toujours devant les autres, narcissiquement parlant, pour ne parler de rien, si ce n’est que des choses futiles, le gros lourd quoi, pendant ce temps-là, les gens intéressants se taisent…  Pour moi la société de maintenant c’est ça, une sorte de pov’ type qui nous emmerde pas croyable, à nous imposer tout le temps, malgré nous, sa totale ignorance de la vie.


 

Parce que la vie c’est plutôt ça ; prendre la vie comme elle va, comme elle vient…et les gens comme ils sont, comme ils vont, avec leurs différences, avec leurs poésies. 

Ça ne sert à rien de juger, on a pas besoin de tout comprendre pour pouvoir aimer, il suffit juste de regarder et d’apprécier à sa juste valeur, ce qu’il nous tend à nous-même. Et ce qu’on pourrait tendre à être grâce à eux. Qui sommes-nous d'ailleurs ?

 

  il y a d’écrit sur la pochette, une critique de la revue synopsis qui dit : «  Un film de santé publique, anti-dépresseur » j’aimerais rajouté, pour aller plus loin, que ce n’est pas le film qui est de santé publique, c’est ce que sont les personnages, dans le film, dans la vie… c’est eux, dans leurs vérités, leurs sincérités, dans le goût d’une vie honnête, simple et sans vanité, qui sont de santé publique. Et que pour un bien, si on veut faire de la santé publique, c’est pas en regardant les autres « être comme ça » à travers un écran ( comme si on regardait fatalement une époque qui n’existe plus ) mais pt’être bien qu’on devrait tous vouloir être comme ça, nos propres anti-dépresseurs… Ensemble !


Alors voilà, ce film est à voir absolument, et moi, là, il me donne envie de dire des mots comme :

 

Simplicité, Unique, Humain, Différent, Déjanté, Beauté, Sincérité, Vérité, Calme, Solitude, Passé, Présent, Futur, Espoir, Vie, Sain, Nature, Entendre, Silence, Joie, Chanson, Partage, Solidarité, Ensemble, Générosité, Voyage dans le temps, et Intemporelle.

 

Pour moi c’est l’avenir, dommage que pour beaucoup encore, le simple fait de regarder dans le passé c’est déjà de croire que l’on veut revenir en arrière, à une époque préhistorique…ça n’a pas de sens, parce que dans ce cas, ça veux dire qu’on préfère ignorer un pan de notre histoire et de nous même, et que jamais au grand jamais on ne tire profit des erreurs, des échecs ou des réussites, parce que soi disant, c’est passé, c’est fini, c’est ringard !  Ringard toi-même !

Comment peut-on savoir juger honnêtement, ce qui est bon et mauvais pour nous sans ça ?

 

Moi je dis, cette histoire n’est pas fini…  

 

 

  Laurent

Publié dans Théma: Rural